Vue depuis les garins.
L'Arclusaz puis le Colombier & Rossane et Margériaz à droite - Massif des Bauges - Savoie.

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Le sentier des Garins, au Châtelard (Savoie).

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Cette balade, au dessus du chef-lieu du Châtelard, vous emmène dans la forêt domaniale du Nant des Granges, théatre de l'éboulement de 1931 qui dévasta plusieurs hameaux des Garins.

Le dénivelé est d'environ 200 m, avec un circuit sur piste forestière majoritairement. Prévoyez environ 2H30 pour la boucle.

Facile et accessible pour tous, même les enfants.

PS : Diaporama maxi-taille en cliquant sur les photos + roulette de la souris (ou flèches) pour le défilement.

De nos gites, prenez la route du Châtelard jusqu'à l'entrée du bourg.

Sur votre droite part la route en direction des Garins. Elle est étroite au début puis s'élargit plus haut. Vous allez traverser la jolie petite cascade du Var puis rejoindre le sommet où s'étend un alpage.

Garez vous sur le parking et avancez vers l'Est pour partir dans le sens de visite.

Un feuillet explicatif est disponible à l'Office de tourisme du Châtelard. Sur le terrain, des totems pédagogiques complètent l'information lors de votre marche.

Prenez la route qui monte dans les patures. Laissez sur votre gauche le refuge et les gites des Garins et continuez jusqu'à la forêt.

En ce début d'automne (21 septembre 2013), de nombreux colchiques d'automne égayent les près. Méfiez vous, sous son apparence frèle, cette plante est fortement toxique, notamment pour le bétail.

Au 2eme totem commence la partie 'technique' de l'éboulement.

En mars 1931, une coulée de 6 millions de m3 se détache de la montagne. Heureusement, la majeur partie ne descendra pas jusqu'au chef-lieu du Châtelard!

Plusieurs hameaux seront détruits dont celui des 'Michauds' ou des 'Carons'.

Mes grands parents et ma mère, alors agée de 5 ans, ont été contraints de fuir devant le désastre, abandonnant maisons, terre agricoles et vergers à tout jamais.

Historique de l'éboulement du Châtelard.

Dès octobre 1930, des crevasses transversales apparurent ici et là.

En décembre, ces fissures s'élargirent sensiblement et se généralisèrent. La surface impactée s’étendait sur une étendue de 800 m de longueur et 500 m de large.

Au 7 janvier 1931, les crevasses plus béantes et les nants réduits à pas grand chose firent naître de sérieuses inquiétudes.

On alerta l'Administration et les Ponts et Chaussées qui posèrent des jalons témoins.

Puis la neige de janvier recouvrit le tout et fit oublier le danger.

Mais, au 29 janvier, des pluies tièdes (en balayant la neige qui les camouflait) révéla des crevasses élargies profondément où s'engouffrait totalement le débit des ruisseaux sans plus réapparaître à l'aval.

L'ordre fut donné d'évacuer les Michauds.

Tout se calma sous le froid et les neiges de février.

Les grandes pluies du début de mars déclenchèrent la débâcle.

Le lundi 9 mars, la plupart des maisons des Michauds se fissurèrent sur toutes les faces, celles des Carons, à leur tour, semblèrent se décaler. On déménagea en toute hâte.

Pendant trois jours encore, la masse terreuse parut se contenir.

Mais le jeudi 12 mars 1931, la mise en marche s'opéra vers 9 h du matin par bandes successives plus ou moins larges qui s’effondraient dans la gorge des Manauds. De très nombreuses maisons, vergers, plantations et terres cultivables partirent avec la coulée.

Le 13 mars, les coulées devinrent plus liquides.

Et le samedi 14, la route fut atteinte et interdite à la circulation.

Le 15 mars 1931, toutes les coulées étaient stabilisées

En amont, on évalua à environ 10 ha l'étendue du terrain emporté, à autant celui qui est crevassé, effondré ou bouleversé, et plus du double pour celui qui demeure apparemment intact mais pourtant inabordables pour un avenir agricole.

En aval , elle a recouvert avec son cône de déjection, une étendue d'au moins 10 ha et parfois jusqu’à 30 m d’épaisseur.

15 ménages du haut sont partis sans esprit de retour. Le Mont était désormais, avec ses 70 habitants, un village mort. Près de 10 ménages se sont résignés à l'émigration définitive des Bauges.

Au total, l'éboulement aura déraciné au moins 100 personnes, perdues pour les Bauges.

Le déroulement de l'éboulement a été consigné à l'époque par l'abbé François Gex.

Et maintenant ?

Suite à la catastrophe de 1931, L'Etat à racheté les terrains dévastés puis l'ONF a creusé 17 km de drains ouverts ou fermés (couverts).

150 Ha ont été replantés par plusieurs dizaine de milliers d'épicéas.

Les systemes racinaires des arbres sont bien trop superficiels pour stabiliser durablement et définitivement les terrains.

Mais il faut savoir que selon les relevés GPS réalisés annuellement, le sol glisse jusqu'à 1,5 m par an selon la pluviométrie !

Dans les années 1990, des réflexions sur les mesures à mettre en oeuvre pour protéger le chef lieu du Châtelard aboutissent à la constructions de 3 gigantesques casiers de dépots qui peuvent stocker environ 100 000 m3.

Achevés en 2009, ils seraient capables de stopper un évènement comparable à celui de 1931.

En 2015, un petit glissement a encore eu lieu.

Pour info, des Garins, vous pouvez assez rapidement monter au Julioz .

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